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Vivre un projet éducatif, c’est vouloir donner à notre action des objectifs et des racines, en référence à la tradition Chrétienne dont l’établissement se réclame. C’est vouloir construire une mémoire collective et inscrire notre effort dans la durée sans laquelle il n’y a pas de travail approfondi et cohérent. La réalité scolaire se définit par des objectifs d’instruction et d’éducation qui s’entremêlent. Nous affirmons l’existence d’un lien nécessaire et complémentaire entre l’acte d’instruire et celui d’éduquer.

 

Notre école, sous tutelle des Filles du Cœur de Marie, société religieuse fondée en 1791 par un jésuite, le Père de Clorivière et Adélaïde de Cicée, s’inscrit dans un réseau d’une douzaine d’établissements en France. Pas de signes distinctifs pour ces religieuses, une grande discrétion, un seul témoignage lisible : « leur engagement à vivre leur vie selon l’Evangile de Jésus-Christ ».

On ne peut donc commencer l’écriture de notre projet éducatif sans se remettre en mémoire les principes fondateurs de notre école, à savoir les dimensions éducatives ignaciennes :

La dimension personnelle : l’éducation vise tout l’homme dans son intégralité

Les capacités à développer sont les suivantes :

  • L’intelligence, qui opère le discernement, le jugement.

  • La volonté, qui est présente dans tout projet à mettre en route.

  • L’affectivité, qui a une place éminente et qui se doit d’être ordonnée, cadrée vers la gloire de Dieu et le Bien des hommes.

  • La mémoire, qui est la capacité de lire le passé, dans une certaine distance qui permet d’échapper à l’immédiat.

  • Le corps, les sens, le sentir et le goûter sont présents dans la démarche spirituelle.

  • Le sens artistique, animé par l’imagination est caractéristique de la gratuité des actions à encourager.

  • La liberté, qui est un don suprême qui engage la personne sans être un privilège.

  • Les éducateurs ignaciens se doivent d’être attentifs à la Personne, cette vigilance discrète doit discerner les situations et leurs circonstances dans le temps et dans l’espace dans le but d’adapter au mieux l’acte éducatif en fonction d’elles. Les jésuites ont posé un acte de foi dans leur croyance en l’homme, dans tout l’homme et dans tous les hommes, quelles que soient leurs croyances, leurs statuts, leurs convictions.

  • Au cœur de cette formation humaniste, basée sur la Personne, se situe le maître mot de la pédagogie ignacienne, à savoir l’Excellence :

L’excellence, loin d’être un quelconque dépassement des autres, est plutôt un constant dépassement de soi, un perpétuel surpassement de soi, de ses propres capacités et possibilités, une manière de refuser la médiocrité, le strict nécessaire… c’est ce davantage, ce « toujours plus » qui fait le dynamisme qui habite toute personne humaine, qui la pousse sans cesse vers l’avant, vers le nouveau, en affrontant avec courage et persévérance les difficultés de la vie personnelle.

Les dimensions interpersonnelles :

bien entendu, si le personnel n’est pas inséré dans un projet collectif, il devient pur individualisme, réussite personnelle, ou réalisation égocentrique de soi, ce que ne vise absolument pas le projet ignacien.

L’éducation ignacienne se fonde sur le principe de « préjugé de bienveillance », le rapport interpersonnel est basé sur l’amour et le service, le service étant l’expression de l’amour. Servir dans une disponibilité totale à l’autre !

Dans cette dynamique relationnelle, la pédagogie ignacienne encourage l’engagement sociopolitique dans la collectivité au service de la justice. Pour cela, elle prône la formation d’une élite, au service des pauvres pour transformer, faire évoluer le peuple et les collectivités.

La dimension de Transcendance : Bien sûr, ce qui donne sens à tout ce qui précède,

c’est la relation à Dieu.

L’homme formé par la pédagogie ignacienne et structuré par les exercices spirituels est sans nul doute un homme de foi. La vie profane est imprégnée du sceau de la vie sacrée de la foi :

« Chercher et Trouver Dieu en toutes choses », « Aimer et Servir Dieu en toutes choses ».

Tout peut être orienté vers Dieu, non seulement la Prière mais tout acte fait avec Amour, tout renoncement à soi pour servir les autres et la société.

Pour conclure, la dimension personnelle est une centration sur soi en vue d’une formation humaniste, intégrale, visant l’Excellence .La dimension relationnelle est une décentration de soi sur autrui, dans un double mouvement interpersonnel et sociopolitique. La dimension transcendante est un recentrement absolu de soi dans une relation à Dieu fondée sur la foi, l’espérance et l’amour,

ce qui donne un sens plénier à toute existence humaine.